Découverte du Leste à grands stigmas au Grau du Roi

Le Leste à grands stigmas (Lestes macrostigma) est une espèce d’odonate (famille des libellules et des demoiselles) inféodée aux mares saumâtres du littoral autour desquelles abondent scirpes et joncs maritimes. Dépendant de ce milieu de vie très particulier, la répartition de cette demoiselle est extrêmement localisée : en France, on ne la trouve qu’en quelques points des côtes atlantique et méditerranéenne, ainsi qu’en Corse.

Or les aménagements hydrauliques, la réhabilitation d’anciennes salines, ou encore l’intensification des pratiques ostréicoles menacent aujourd’hui de faire disparaître ces microhabitats, et font de la Leste à grands stigmas un des odonates les plus menacés de France. Elle n’est cependant protégée ni en France ni en Europe, malgré sa classification « En danger » sur les listes rouges nationale et européenne.

Pour tenter de la préserver, l’OPIE (Office Pour les Insectes et leur Environnement), avec le soutien de la SFO (Société Française d’Odonatologie), a inclus l’espèce dans son Plan d’Action National en faveur des Odonates. Les prospections comme celles que nous réalisons peuvent permettre l’acquisition de données sur son habitat, ses déplacements et sa répartition, essentielles à tout plan de conservation.

La fameuse demoiselle fut découverte sur la commune du Grau du Roi le 7 juin 2017. Justine Bertrand et les trois stagiaires qui l’accompagnaient l’ont observée pour la première fois sur l’un des territoires littoraux du CDL (Conservatoire Du Littoral) prospecté dans le cadre de l’ABC entrepris par Lus. C’est sur une petite mare saumâtre de la sansouïre, entourée de scirpes et de joncs, qu’elles sont allées chercher cet insecte rarissime, et en ont découvert une toute nouvelle population.

Composée de quatre mâles et trois femelles, cette population pourrait être durable. Cependant, aucune exuvie (mue laissée par les larves d’odonates après leur métamorphose) n’a été trouvée sur le site. La reproduction de l’insecte ne peut donc pas y être confirmée.

Cette découverte est réellement porteuse d’espoir pour une espèce si rare. Elle nous prouve bien qu’il est non seulement nécessaire mais réellement utile d’observer et de rechercher, même autour de chez soi, les petites bêtes qui nous entourent !

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