Découverte de la Cistude d’Europe au Grau du Roi

Des bénévoles de l’Association Lus ont découvert la Cistude d’Europe (Emys orbicularis) le 28 juin 2017 sur un des terrains communaux du Grau du Roi. Une femelle fut surprise en train de pondre au bord du chemin, non loin d’un bras de rivière menant à un étang dont les eaux douces, calmes et ensoleillées pourraient constituer un habitat de choix. Cet individu reste pour l’instant le seul observé durant l’ABC du Grau du Roi.
La Cistude d’Europe est une tortue d’eau douce qui apprécie les zones humides aux eaux stagnantes, dont le fond vaseux et la dense végétation aquatique lui offrent abri et nourriture en abondance. Animal « à sang froid », elle a par ailleurs besoin de promontoires sur lesquels elle peut prendre les bains de soleil indispensables à son métabolisme. Enfin, cette tortue très discrète et craintive recherche les milieux où elle souffre peu du dérangement par l’Homme.
C’est cette exigence en termes d’habitat qui fait de la Cistude une espèce vulnérable. En forte régression sur l’ensemble de son aire de répartition, elle est aujourd’hui classée « quasi menacée » en Europe et en France, où elle ne subsiste qu’en quelques foyers de populations isolés. Au sud du pays, les foyers les plus importants se trouvent en Camargue et dans le massif des Maures.
Au-delà de la dégradation et de la destruction de son habitat, diverses menaces pèsent sur la Cistude : écrasement sur les routes, blessures par les hameçons de pêche, prélèvement d’individus par les promeneurs… L’introduction d’espèces exotiques telles que la tortue de Floride (Trachemys scripta elegans) a aussi de fâcheuses conséquences. Cette petite tortue américaine aux tempes rouges fait en effet dangereusement concurrence à la Cistude dans les rares zones humides encore épargnées par l’anthropisation.
C’est pour cela que l’espèce est strictement protégée en Europe, et en France depuis 2007. Cette protection est soutenue par le « Plan d’Action pour les Reptiles et les Amphibiens » du ministère en charge de l’environnement et plusieurs programmes régionaux de conservation, mis en place notamment en Languedoc-Roussillon.
Le site où a été trouvé la femelle pondeuse du Grau du Roi nous a été indiqué par un chasseur de la commune qui y avait déjà croisé un individu. En faisant part de ses observations personnelles, il a peut-être permis la découverte d’une nouvelle population de cistudes dans le Gard. Mais seules de nouvelles observations permettront de le savoir… Pourquoi pas les vôtres ?

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